On imagine souvent qu’il faut parcourir toute la Route circulaire pour avoir « fait » l’Islande. C’est le meilleur moyen de passer son séjour à regarder des parkings, une jauge d’essence et la pluie sur le pare-brise.
Le pays est vaste, les routes secondaires demandent du temps et la météo peut redistribuer les cartes en une matinée. Mon conseil est simple : choisissez une région principale, gardez des nuits fixes autant que possible, et préférez deux paysages vécus sans stress à six arrêts cochés entre deux averses.
Pour savoir que faire en Islande, partez d’abord de votre durée, puis de la saison. Les cascades, les plages noires et les zones géothermiques sont accessibles toute l’année, mais les conditions de route et les activités ne racontent pas la même histoire en janvier et en août.

Commencer par choisir le bon rythme de voyage
Un road trip islandais fonctionne très bien si l’on accepte une règle : les distances sont courtes sur une carte, mais lentes dans la réalité. Une route peut être étroite, venteuse, gravillonnée, ou simplement ponctuée d’arrêts auxquels il serait dommage de renoncer.
Pour une première fois, Reykjavik, le Cercle d’Or, la côte Sud et le lagon glaciaire de Jökulsárlón forment l’itinéraire le plus cohérent. Il permet de voir les paysages emblématiques sans avaler des kilomètres pour le principe.
| Durée disponible | Itinéraire réaliste | Ce qu’il faut éviter |
|---|---|---|
| 4 à 5 jours | Reykjavik, Cercle d’Or, côte Sud jusqu’à Vík | Vouloir atteindre Jökulsárlón et revenir dans le même rythme |
| 7 jours | Reykjavik, Cercle d’Or, côte Sud, Jökulsárlón | Ajouter Snæfellsnes ou le Nord en aller-retour |
| 10 jours | Route circulaire avec étapes raisonnables | Prévoir trop de randonnées longues chaque jour |
| 12 à 15 jours | Route circulaire, péninsule de Snæfellsnes et détours choisis | Se lancer sur les pistes intérieures sans expérience ni véhicule adapté |
Avec un enfant, je viserais des étapes de deux à trois heures de conduite effective, pas davantage. Les journées à rallonge sont tentantes quand le soleil ne se couche presque pas, mais elles finissent souvent en dîner avalé trop tard et en humeur de vestiaire un soir de match.
Les 10 expériences à privilégier pour un premier voyage
Plutôt qu’un classement rigide, voici les dix étapes que je retiendrais parce qu’elles composent un voyage varié : eau, feu, glace, ville et grands espaces. Elles ne demandent pas toutes la même saison ni le même budget.
- Le Cercle d’Or, pour Thingvellir, la zone géothermique de Geysir et Gullfoss. Le geyser actif Strokkur jaillit généralement toutes les quelques minutes : on peut le voir plusieurs fois sans s’éterniser.
- Seljalandsfoss et Gljúfrabúi, deux cascades très proches mais avec des sensations opposées. Prenez une veste vraiment imperméable, pas un simple coupe-vent optimiste.
- Skógafoss, impressionnante de près comme depuis l’escalier. Montez si le vent le permet, la vue sur la côte récompense l’effort.
- Reynisfjara, la plage de sable noir près de Vík, ses colonnes de basalte et ses vagues puissantes. Restez loin de l’eau, même lorsque la mer paraît calme.
- La lagune glaciaire de Jökulsárlón, où les icebergs dérivent avant de gagner l’océan. Juste en face, Diamond Beach offre souvent des blocs de glace posés sur le sable noir.
- Une soirée à Reykjavik, pour les cafés, les restaurants et une ville à taille humaine. Ce n’est pas une capitale-musée où l’on s’enferme trois jours, mais elle mérite mieux qu’une nuit d’aéroport.
- Un bain géothermal, dans un lagon aménagé ou une piscine locale. Les piscines municipales sont souvent une option plus simple et moins coûteuse que les grandes adresses très médiatisées.
- Une sortie d’observation des baleines, notamment depuis Húsavík ou Reykjavik selon votre parcours. La faune n’est jamais garantie : c’est précisément la différence entre une rencontre et une attraction.
- Le lac Mývatn et ses environs, pour les formations volcaniques, les fumerolles et les paysages du Nord. À prévoir sur un itinéraire de 10 jours ou plus.
- La péninsule de Snæfellsnes, condensé de falaises, coulées de lave, plages et villages. Très belle alternative si vous ne voulez pas faire toute la boucle.
À retenir : je ne conseillerais pas de réserver une excursion chère tous les jours. L’Islande est déjà spectaculaire depuis la route et les sentiers accessibles. Gardez votre budget pour une activité qui vous ressemble vraiment, comme une sortie en mer, une grotte de glace encadrée ou un bain géothermal bien choisi.
Faire le Cercle d’Or et la côte Sud sans transformer le séjour en marathon
Le Cercle d’Or se visite facilement depuis Reykjavik, mais il gagne à être associé à une nuit sur place ou vers Selfoss. Thingvellir invite à marcher un peu, Geysir mérite une demi-heure tranquille, et Gullfoss est bien plus agréable hors de la cohue de milieu de journée.
Ensuite, partez vers la côte Sud. Entre Seljalandsfoss, Skógafoss, Dyrhólaey lorsque l’accès est ouvert, Vík et Reynisfjara, une seule journée se remplit très vite. Dormir à Vík ou dans les environs évite de repartir à contretemps vers la capitale.
Jökulsárlón se situe beaucoup plus à l’est. Comptez une nuit intermédiaire, ou deux nuits dans l’Est si vous aimez photographier et marcher sans réveil militaire. Le canyon de Fjaðrárgljúfur peut compléter le trajet, mais vérifiez son accès : certains sites ferment ponctuellement pour protéger les sols fragiles.
Ce parcours concentre une bonne part de ce que l’on vient chercher : cascades, glaciers, sable volcanique, mousse, falaises et grandes plaines. Pour une semaine, ce n’est pas « faire moins ». C’est voir mieux.
Ajouter Snæfellsnes, Húsavík et Mývatn à partir de 10 jours
Avec dix jours, la Route 1 devient envisageable dans son ensemble. Je recommande alors de rouler dans un seul sens et de réserver les hébergements avant le départ, surtout entre juin et septembre. Improviser peut fonctionner, mais la facture grimpe vite quand il reste peu de chambres disponibles.
Au Nord, le secteur de Mývatn mérite au moins une nuit. Les paysages y sont plus minéraux, presque lunaires par endroits. Les zones géothermiques sentent parfois fortement le soufre : c’est normal, même si l’expérience n’a rien d’un rituel spa au jasmin.
Húsavík est une bonne base pour l’observation des baleines. Habillez-vous chaudement, y compris en été. Sur l’eau, le vent change tout. Des couches superposées, un bonnet et des gants ne sont pas excessifs quand le bateau prend de la vitesse.
Dettifoss et Selfoss complètent bien cette partie du pays. Les deux cascades sont proches, mais les accès peuvent différer selon la saison et l’état des routes. Ne vous fiez pas uniquement à l’itinéraire d’une application : consultez les informations officielles locales avant de partir.
La péninsule de Snæfellsnes, à l’ouest, demande elle aussi du temps. Elle est parfois présentée comme une Islande en miniature. L’expression est un peu facile, mais l’idée est juste : elle permet de multiplier les ambiances en peu de kilomètres, à condition de lui consacrer au moins une journée complète.
Que faire en Islande en été, de juin à septembre
L’été facilite la conduite et ouvre davantage de routes, sans supprimer les contraintes. Juin apporte des journées très longues et des paysages encore verts. Juillet et août sont souvent les mois les plus demandés : plus de choix d’activités, mais davantage de monde et des tarifs d’hébergement généralement tendus.
En août, les macareux sont encore observables dans certains secteurs au début de saison, mais leur présence dépend des lieux et des périodes. Ne construisez pas tout un itinéraire autour d’eux. Les falaises, elles, ne risquent pas de prendre un vol retour.
Septembre est souvent un compromis agréable : moins d’affluence, premières possibilités d’aurores boréales lors des nuits assez sombres, et routes encore largement praticables. La météo devient plus instable, ce qui impose un programme souple.
Pour randonner, Reykjadalur est une option populaire près de Reykjavik. La marche jusqu’à la rivière chaude demande plusieurs heures aller-retour selon votre rythme et l’état du chemin. Prenez maillot, serviette légère, eau, encas et vêtements secs. Le bain est plus plaisant quand on n’a pas oublié ce détail très terre à terre.
Que faire en Islande en hiver et en octobre
L’hiver est le bon moment pour les grottes de glace encadrées, les paysages enneigés, les bains chauds fumants et la chasse aux aurores. Mais il faut accepter que la météo décide. Une excursion peut être décalée ou annulée, et ce n’est pas un défaut d’organisation : c’est une mesure de sécurité.
Entre novembre et mars, une voiture de location avec équipements hivernaux et une vraie aisance sur route glissante font la différence. Pour un premier séjour hivernal, je privilégierais Reykjavik, le Cercle d’Or et la côte Sud, avec des excursions réservées auprès de professionnels pour les activités glaciaires.
Octobre est un mois de transition. Les couleurs sont belles, les tarifs peuvent être moins élevés qu’en plein été, mais certaines routes et randonnées deviennent plus aléatoires. C’est une période séduisante pour un voyage de cinq à huit jours, pas pour un itinéraire au cordeau à travers tout le pays.
Si vous hésitez entre plusieurs destinations automnales, notre sélection sur où partir en novembre selon la météo et la durée aide aussi à mettre l’Islande en perspective.
Quel budget prévoir pour 7, 10 ou 15 jours en Islande ?
L’Islande est une destination chère, surtout si vous voyagez en été et réservez tard. Les postes qui pèsent le plus sont généralement l’avion, la voiture, le carburant et les nuits. Les repas au restaurant et les excursions peuvent faire gonfler le total très vite.
Pour deux adultes, comptez souvent une enveloppe de plusieurs milliers d’euros pour une semaine avec voiture et hébergements simples mais confortables. Sur 15 jours, le budget augmente fortement, non seulement à cause des nuits supplémentaires, mais aussi parce que les activités et les kilomètres s’additionnent. Les écarts sont considérables selon le mois, le niveau d’hôtel, les réservations anticipées et la formule choisie.
Quelques arbitrages ont un réel impact :
- prendre des hébergements avec cuisine et faire des courses pour une partie des repas ;
- sélectionner une ou deux excursions payantes au lieu d’enchaîner motoneige, bateau, grotte et spa ;
- choisir une voiture compacte en été si votre itinéraire reste sur les routes principales ;
- réserver les nuits les plus demandées dès que vos vols sont confirmés ;
- comparer van, hôtel et appartement selon le nombre de voyageurs.
Le van peut être très pertinent, mais il ne rend pas le pays bon marché par magie. Location, carburant, campings, douches, repas et météo comptent. J’ai détaillé les vrais points de vigilance dans ce dossier pour louer un van en Islande sans mauvaise surprise.
En famille, un logement avec coin cuisine peut apporter un confort précieux après une journée froide et humide. Ces critères de réservation rejoignent ceux de notre article sur la location de vacances familiale.
Voiture, van ou circuit : choisir la formule adaptée
La voiture de location est le format le plus souple pour un premier road trip estival. Elle permet de s’arrêter quand la lumière change, de dormir dans de petits villages et d’éviter les groupes sur les sites très fréquentés. En revanche, elle impose de conduire dans le vent, parfois sous une pluie horizontale assez convaincante.
Un 4×4 n’est pas nécessaire sur la Route 1 et les routes touristiques classiques en été. Il devient pertinent uniquement si vous prévoyez des routes spécifiques autorisées à ce type de véhicule. Les pistes de l’intérieur, souvent appelées routes F, ne sont pas un terrain d’improvisation : passages à gué, conditions changeantes et règles d’assurance demandent de l’expérience.
Le circuit accompagné convient bien à ceux qui ne veulent pas gérer les conditions hivernales, ou qui préfèrent une logistique déjà posée. Le compromis est évident : moins de liberté sur les horaires et les arrêts. Pour comparer les prestataires sans vous laisser hypnotiser par les jolies photos, utilisez ces critères pour choisir une agence de voyage sur mesure.
Avant chaque départ, consultez l’état des routes sur le site officiel Umferðin. En hiver, cette vérification quotidienne fait partie du voyage, au même titre que le petit-déjeuner.
Les erreurs fréquentes qui gâchent les journées sur place
La première est de sous-estimer le vent. Il peut rendre une cascade pénible, refroidir une sortie en bateau et endommager une portière ouverte sans précaution. Tenez toujours la porte du véhicule, surtout sur les parkings exposés.
La deuxième est de s’approcher trop près de l’océan à Reynisfjara. Les vagues peuvent être soudaines et puissantes. On admire depuis une distance confortable, même si cela donne une photo légèrement moins dramatique. C’est un sacrifice acceptable.
La troisième consiste à rouler hors des voies autorisées pour se rapprocher d’un paysage. C’est interdit, abîme durablement des milieux fragiles et peut entraîner de lourdes conséquences. Les traces mettent très longtemps à disparaître dans ces sols volcaniques.
Enfin, ne planifiez pas chaque heure. Gardez une demi-journée tampon sur un séjour de dix jours ou plus. Elle absorbera une tempête, une route fermée, une fatigue passagère ou simplement l’envie de rester davantage devant un glacier. Ce sont ces moments-là qui font souvent les meilleurs souvenirs.
Questions fréquentes
Quelles sont les 10 choses incontournables à faire en Islande ?
Pour une première visite, je choisirais Thingvellir, Geysir, Gullfoss, Seljalandsfoss, Skógafoss, Reynisfjara, Vík, Jökulsárlón, un bain géothermal et une soirée à Reykjavik. Avec plus de temps, ajoutez Snæfellsnes, Mývatn, Húsavík et Dettifoss plutôt que de surcharger les premières journées.
Quel budget pour 15 jours en Islande ?
Pour deux personnes, prévoyez un budget global de plusieurs milliers d’euros. L’écart dépend beaucoup de la saison, des vols, de la catégorie d’hébergement, du véhicule et du nombre d’excursions. Une cuisine, des réservations anticipées et des activités sélectionnées réduisent nettement la dépense sans appauvrir le voyage.
Quelle est la bonne période pour aller en Islande ?
De juin à septembre, la conduite est plus simple et les journées sont très longues. Septembre offre souvent un bon équilibre entre fréquentation, lumière et premières nuits favorables aux aurores. L’hiver est superbe pour la neige, les grottes de glace et les aurores, mais demande davantage de souplesse et de prudence sur la route.
Quel est le plus bel endroit d’Islande ?
Il n’y a pas de réponse universelle. Jökulsárlón marque souvent les voyageurs par le contraste entre la glace et le sable noir. Reynisfjara impressionne par sa force brute, tandis que Snæfellsnes séduit par la diversité de ses paysages. Si vous aimez les lieux plus calmes, le Nord autour de Mývatn peut être votre coup de cœur.
Construire votre itinéraire et réserver dans le bon ordre
Commencez par fixer la saison et le nombre de nuits. Réservez ensuite les vols, puis la voiture ou le van, et enfin les hébergements des étapes les plus tendues : Vík, secteur de Jökulsárlón, Mývatn et Snæfellsnes selon votre parcours. Les excursions viennent après, pas avant. Elles doivent s’insérer dans votre route, et non dicter tout le séjour.
Sur une carte, tracez un itinéraire avec une activité principale par jour, deux au maximum. Ajoutez une liste d’options proches, à utiliser seulement si la météo et l’énergie suivent. C’est la meilleure réponse à la question de ce qu’il faut faire en Islande : préparer sérieusement, puis laisser de la place au réel.
Et si vous avez déjà choisi votre saison, dites en commentaire la durée prévue et votre priorité entre paysages, bains chauds, randonnée ou aurores. Cela aide souvent d’autres voyageurs à assumer leurs propres arbitrages.